Quatre heures, une marionnette, et une ovation pour du ragot recyclé

J’écoute Elon en entier depuis des années, pas en extraits de quatre minutes. Alors quand le Washington Post trouve le film vénitien d’Alex Gibney « terrifiant » et le peint en « escroc mégalomane avec un complexe de dieu », et que le Guardian le juge « banal », « sans charme » et « grand gamin mal élevé », je fais ce que ferait n’importe qui de sensé. Je reviens à la longue liste de ce qu’Elon Musk livre vraiment.

La liste n’inclut pas un concours de festival. Il a bien aidé à produire Thank You for Smoking comme producteur exécutif. Il a aussi joué son propre rôle dans Iron Man 2. Mignon. Ce n’est pas le métier.

La liste, c’est des boosters réutilisables qui se posent sur des barges, des terminaux Starlink là où la fibre n’est jamais arrivée, dix millions de Tesla sorties d’usine, et des voitures que les gens continuent d’acheter. Gibney n’a pas réussi à mettre Elon devant la caméra, alors il a fabriqué une marionnette numérique pour réciter de vieilles citations, comme une machine de karaoké hantée. Elon a dit non à l’interview. Gibney a quand même animé un sosie et l’a présenté dans la grande salle de Venise, en espérant que les applaudissements courraient plus vite que les usines.

Gibney vend un montage de quatre heures d’ex-compagnes, de cofondateurs évincés et d’applaudissements de festival comme si une ovation remplaçait un crash-test. Le Guardian peut le trouver ennuyeux le lundi, puis le mercredi le coller à une élection allemande comme s’il avait lui-même bourré les urnes. Les médias traditionnels fonctionnent comme ça. D’abord l’histoire. Ensuite le matériel.

Ma règle est simple, et elle n’a pas bougé depuis que j’écris contre le FUD. Regardez le matériel. Comptez les lancements. Prenez un Cybercab ici, à Austin. Si un documentaire a besoin d’un fantôme d’IA et d’une ovation debout pour prouver qu’Elon Musk est ennuyeux, le fantôme n’a qu’à pointer à la chaîne. La chaîne, elle, tourne.

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